1910 02 13: Mgr Dubillard à Merry del Val: Cette funeste association

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Archevêché de Chambéry

13 février 1910

Eminence,

J’aurais dû vous écrire plutôt pour vous exprimer toute la satisfaction que m’a causée votre excellente lettre à mon ??? successeur au Siège de Quimper, concernant le Sillon.

… ici le Sillon est tellement mort qu’il me laisse sans le moindre souci pour mon diocèse.

… cette funeste associations

…

Nos régions de S. Ouest sont plus profondément atteintes, mais en Bretagne, dans le Finisterre, le Sillon est simplement la doubleur ?? de la Démocratie. Il n’y a pas d’erreur doctrinale positive, mais simplement un grand danger de s’y tomber. On est Sillonniste parce que Démocrate c.-à-d. contre les nobles et les propriétaires. Malheureusement, les jeunes prêtres ont beaucoup trop favorisé ces tendances, et, de là, difficulté de les ramener à des doctrines plus saines.

Daignez…

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Apostolic Archives, 1910 Rubric 12 F.14

1910 02 09: Mgr Gibier à Merry del Val: Un profond sentiment de tristesse

Evêché de Versailles

9 février 1910

Eminence,

Je viens de recevoir la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire sur le sujet que vous savez.

Je manquerai de sincérité si je ne vous disais pas que cette a produit en mon âme un profond sentiment de tristesse.

En conscience, je ne peux rien rétracter des faits très précis et très exacts que je me suis imposé le devoir de vous signaler. Je dois seulement y ajouter trois remarques complémentaires :

1° « Le Sillon » n’est pas du tout une Association des prêtres, et personne en France n’a jamais pensé à embrigader le clergé dans une association autre que la Hiérarchie divinement instituée sous l’autorité du Pape et des Evêques.

2° « Le Sillon » est une association de jeunes laïques qui font profession de catholicisme. Il est vrai qu’ils sont républicains et démocrates. Mais ils ne demandent pas à l’Église de solidariser avec eux et d’approuver officiellement leur idéal social et politique. Il suffirait de ne pas les désapprouver et de les laisser faire.

3° « Le Sillon » a droit pour le moins à la même liberté que l’Association libérale populaire de Monsieur Piou, association que le Saint Siège n’a pas l’intention de condamner. La pauvre Eglise de France a besoin de toutes ses forces. Elle a besoin non seulement de l’activité des catholiques, mais encore de la collaboration des honnêtes gens et des libéraux sincères. Elle a besoins particulièrement de ses groupes de Jeunesse. Or « Le Sillon » est et va devenir une force considérable avec son Journal quotidien qui est à la veille de paraître. Décourager toute cette jeunesse, l’exaspérer et la mettre peut-être contre nous, serait une souveraine injustice et une souveraine imprudence.

Je sais bien, Eminence, que tous ne tiennent pas ce langage, et que des voix arrivent jusqu’à vous, qui rendent un son différent. Je ne discute pas le témoignage des autres. Je vous donne le mien, et je affirmer devant Dieu qu’il est désintéressé et qu’il vient non d’une imagination échauffée et querelleuse, mais d’une âme uniquement préoccupée du bien de l’Église en France. Vous ferez de ce témoignage que bon vous semblera. J’ai voulu seulement, en vous disant la vérité, dégager ma responsabilité. Je n’ai plus maintenant qu’à me taire, à beaucoup prier et à continuer mon laborieux apostolat.

Je vous prie d’agréer, Eminence, l’assurance de mon religieux et très profond respect en NS.

+Charles, évêque de Versailles

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1910 02 12: Mgr Douais au Supérieur du Séminaire: Défense de lire les écrits du Sillon

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Lettre de Mgr l’Evêque de Beauvais, Noyon et Senlis à M. le Supérieur du Grand Séminaire de Beauvais

Portant défense de lire les écrits du Sillon et d’adhérer de quelque manière que ce soit au Sillon.

1910

Beauvais, le 12 février 1910

Monsieur le Supérieur,

Je suis informé que, depuis plusieurs mois, le Modernisme tend sous le couvert du Sillon, qui tel qu’il manifeste dans l’Oise est une de ses formes, à pénétrer dans mon Diocèese, qui en a été jusqu’ici préservé, comme j’ai eu la très grande joie de l’écrire au Saint-Père.

C’est surtout parmi quelques jeunes que le mal gagne ; et je le déplore. Ils ont dit, ils diront encore qu’ils ne sont pas compris. Mais ils trompent certainement, exemple leur doctrine sur l’obéissance toute extérieure dans le but unique de sauver les apparences ou d’échapper à des conséquences facheuses, ce qui est en soi une hypocrisie formelle. Ils se nourrissent de singulière illusions, croyant avoir découvert ce qui es écrit en toutes lettres dans l’Evangile, exemple le dévouement au prochain, l’amour du prochain quelqu’il soit, la charité envers tout homme à quelque classe qu’il appartienne.

Voulant les prévenir contre ce danger, désirant aussi remplir un devoir essentiel de ma charge qui est de veiller sur toute doctrine et pour me conformer aux directions pontificales les plus récentes, je vous prie et vous ordonne à vous et à chacun de MM. Les Directeurs du Séminaire :

1) D’exercer une surveillance de tous les instants : il est défendu aux Séminaristes de recevoir, garder, lire ou entendre lire un écrit sillonniste quelconque, de collaborer au Sillon, de rédiger un journal occulte sillonniste pour l’échanger entre soi, de tenir des cercles ou de faire des réunions à plusieurs dans le Séminaire ou au dehors, pendant la récreation, au cours des promenades ou à tout autre moment dans la journée, en vue de la propagande sillonniste, en un mot de poser un acte quelconque témoignant d’une attache réelle avec le Sillon.

2) De m’informer aussitôt de toute infraction à mon Ordonnance ce portant défense d’adhérer au Sillon, ou d’en produire les actes. Je n’hésiterai pas à prendre toute mesure opportune jusqu’à prononcer le renvoi avec retrait de la faculté d’entrer dans un autre Séminaire en France ou à l’étranger, conformément à la règle définie par le Décret Vetuit et éminemment sage, car nul ne peut être ministre de l’Église contre l’Église ou malgré l’Église, et le mouvement sillonniste actuel est subservif de l’autorité, dénégateur de la soumission intérieure, perturbateur de l’ordre sacré. Dans l’Église tout se fait au grand jour ; elle proscrit l’action occulte ; elle forme une seule société, celle des fidèles du Christ, qui est gouvernée par le Pape et les Evêques, auxquels chacun obéit d’un coeur filial.

Agréez, Monsieur le Supérieur, l’assurance ce mes plus religieux sentiments en NS.

+Jean Célestin, Evêque de Beauvais, Noyon et Senlis.

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Marie-Jean-Célestin Douais

https://www.catholic-hierarchy.org/bishop/bdouais.html

1910 02 02: Merry del Val à Mgr Gibier

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Draft

A Sa Grandeur Monseigneur Charles Gibier, Evêque de Versailles

2 février 1910

Cher et vénéré Seigneur,

J’ai reçu la lettre que Votre Grandeur m’a fait l’honneur de m’adresser en date du 27 Janvier et j’en ai donné lecture à Sa Sainteté. Le Saint Père regrette que vous n’envisagiez pas le « Sillon » dans son ensemble et dans ses chefs comme Il envisage Lui-même et que les dangers de sa doctrine, se son langage de ses tendances et des acquaintances, paraissent vous échapper. C’est l’évidence même, et il faudrait être aveugle ou de mauvaise foi pour le contester, le Saint Siège n’a jamais fait le moindre grief aux jeunes gens du Sillon de se dire Républicains, tout le contraire : et si l’évidence avait besoin d’une preuve, il suffirait de rappeler qu’au temps où le Sillon méritait encore la bienveillance du Saint Père, les Sillonnistes se proclamaient républicains qu’ils le font aujourd’hui. Pour le moment Sa Sainteté a invité et invite les Evêques à ne pas permettre au clergé d’entrer dans le Sillon. On ne conteste ni la bonté ni le vertu de beaucoup de Sillonnistes, pris individuellement, comme on ne conteste pas non plus les services ou les mérite de certains Sillons locaux. C’est peut-être l’explication de la divergence de certaines appréciations. Il serait déplorable que les Evêques qui partagent votre manière de voir à l’égard du Sillon s’abstiennent de manifester leur opinion « tout haut », car, comme l’indique Votre Grandeur, on ne ferait qu’ajouter une nouvelle division aux divisions anciennes et cela d’autant plus que le Saint Siège loin de pouvoir prendre part pour le Sillon, se trouverait dans la nécessité de manifester ses désapprobations.

Soyez bien convaincu, cher et vénéré Seigneur, que le Saint Père suit avec le plus vif intérêt et avec le plus paternelle affection les efforts généreux de votre zèle, vos angoisses et vos sacrifices, et que le bien que vous faites par votre apostolat dans ces temps difficiles est pour Lui un motif de très grande consolation. Dans ces mêmes sentiments je vous prie d’agréer, cher et vénéré Seigneur, l’hommage de ma très grande vénération et mon entier dévouement.

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1909 12 07: Marc Sangnier à Mgr Campistron: Victime d’accusations injustifiées

Monseigneur l’évêque d’Annecy ayant répondu à Marc Sangnier « qu’il aurait le regret de fermer la porte à un homme dont il estime la personne, mais dont il ne peut admettre les conceptions religieuses », Marc Sangnier lui écrivit la seconde lettre suivante :

Paris, le 7 décembre 1909

Monseigneur,

Loin de moi l’insolente pensée de prétendre que vous me « rendiez compte de l’exercice de votre charge épiscopale ».

Mais à nouveau, Votre Grandeur, dans la lettre qu’Elle à bien voulu m’adresser, m’accuse de propager des « conceptions religieuses » qu’Elle ne peut admettre» et de troubler « la pureté de la foi » dans son diocèse.

Comme je tiens par-dessus tout à conserver intégralement la foi et à rester soumis à la discipline catholique, je viens encore vous supplier, Monseigneur, de me faire savoir quelles sont, parmi les opinions que j’ai pu soutenir, celles qui sont en opposition avec la doctrine de l’Église. Aussitôt que je les connaîtrai, je n’aurai rien tant à coeur que de m’en éloigner de toute mon âme de les réprouver publiquement.

Votre Grandeur ne saurait vouloir me retirer le droit ou de lui montrer que je suis victime d’accusations injustifiées, ou de désavouer les erreurs dans lesquelles j’aurais pu involontairement m’engager.

Certes, je n’ai pas, moi très humble fidèle, l’impertinente prétention d’entrer en polémique religieuse avec un évêque. Je m’adresse à vous, Monseigneur, comme à un père et comme à un juge, je vous demande justice, et comme recommande l’Evangile, je ne veux pas craindre de vous importuner en frappant encore à votre porte.

Je prie Votre Grandeur de bien vouloir receivoir l’assurance de mon très filial et profond respect.

Marc Sangnier

Monseigneur l’évêque d’Annecy, qui répondit au président du Sillon en date du 9 décembre 1909, maintint sa résolution de ne pas recevoir Marc Sangnier.

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1909 12 03: Marc Sangnier à Mgr Campistron: Vous nous condamnez

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Lettres de Marc Sangnier à Monseigneur Campistron, Evêque d’Annecy

Paris, le 3 décembre 1909

Monseigneur,

Dans une lettre publique adressé à M. Albert Monniot, ainsi que dans la Revue du diocèse d’Annecy, Votre Grandeur porte contre mes amis et contre moi-même les accusations les plus graves et les plus douloureuses à mon coeur de catholique, résolu avant tout, quelque sacrifice qu’il puisse lui en coûter, à demeurer fidèle à sa foi et soumis à l’autorité de l’Église.

Vous nous condamnez, Monseigneur, comme coupable de nous inspirer dans notre conduite « en fait et en pratique » d’un modernisme et d’un libéralisme condamnés par l’Église.

Nous avons toujours, dans nos écrits et dans nos discours, réprouvé non seulement toutes doctrines hérétiques, mais même toutes tendances hétérodoxes, et si, dans notre conduite, nous nous sommes jamais écarté en quoi que ce soit du respect dû à l’autorité religieuse de la hiérarchie, nous ne demandons qu’a regretter et qu’à réparer nos erreurs dès qu’on nous les aura fait connaître.

Nous vous prions donc très instamment et très respectueusement, Monseigneur, de bien vouloir nous permettre de venir à Annecy nous laver devant vous des accusations portées contre notre orthodoxie sous le poids desquelles notre conscience et notre honneur de catholique ne nous permettent pas de demeurera.

Votre Grandeur comprendra l’impérieux devoir auquel nous obéissons en lui demandant justice et elle voudra bien agréer l’assurance de notre très profond et filial respect.

Marc Sangnier

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1909 12 02: Mgr Campistron: Plus trace du Sillonnisme

40829

Evêché d’Annecy

2 décembre 1909

Congrès diocésain des œuvres

J’ai conscience d’avoir exécuté avec mon ?? scrupuleuse exactitude, non-seulement les ordres mais encore les désirs du Souverain Pontife – j’ai notamment pris des mesures sévères contre le modernisme dont il ne reste plus trace dans le Diocèse et contre le Sillonnisme qui ne compte ici que une démi-douzaine de laïques récalcitrants.

+Lucien évêque d’Annecy

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https://www.catholic-hierarchy.org/bishop/bcampi.html

1908 10 30: Charles Maignen à Merry del Val: L’esprit moderniste domine

33300 Maignen

Tournai 30 octobre 1908

12 rue Frimoise

Eminence Révérendissime

J’ai l’honneur d’adresser à Votre Eminence toute une série de documents et de renseignements recueilli pendant mon voyage en France ou depuis mon retour à Tournai.

Les lettres de séminaristes qui m’ont été communiquées étaient signées, mais je n’ai pas pu obtenir d’en prendre copie qu’à condition de supprimer les noms et tout ce qui pourrait faire connaître les signataires et le diocèse au quel ils appartiennent.

Celui qui m’a confié ces documents serait, en effet, immédiatement reconnu et subirait de gros ennuis si ces noms étaient divulguées.

Ce qui ressort de ces pièces, comme de la lettre du P. Fontaine, c’est que l’état d’esprit moderniste domine encore là où se forme le jeune clergé.

Une preuve palpable de cet état d’esprit c’est le programme pour les examens des jeunes prêtres de Paris, dont j’envoie à Votre Eminence un exemplaire annoté. Une autre preuve, c’est le peu de succès de la nouvelle Revue de l’abbé Barbier. Elle n’a pas trouvé cent abonnés !

Il a voulu aller de l’avant, sans avoir reçu aucun encouragement de Rome, et je crains bien qu’il ne puisse contribuer dans ces conditions.

J’envoie aussi à Votre Eminence plusieurs publications du Sillon qui montrent l’activité de sa propagande, surtout en Bretagne et dans le Nord dont il jouit dans le jeune clergé.

Je crois ne pas devoir cacher à Votre Eminence que le choix du nouvel auditeur de Rote pour la France a douleureusement surpris ceux qui savent.

…

L’impunité avec la quelle l’abbé Naudet annonce qu’il va faire un cours à Paris sur les questions sociales et prêcher l’avent dans une église paroissiale (St Médard) cause un vrai scandale. Cela contraste avec la sévérité dont use Mgr Amette vis à vis de Dom Besse.

Le collège libre de sciences sociales est une institution exactement de même nature que l’institut d’action française. La seule différence, c’est que le premier est républicain et libéral, tandisque l’autre est royaliste et antilibérale.

L’autre différence c’est que Naudet est condamné par le Saint-Office, tandis que Dom Besse est un bon religieux, approuvé par ses supérieurs.

Toutes les sévérités de Mgr Amette sont réservées à Dom Besse ; toutes ses indulgences à l’abbé Naudet.

Cela explique le mécontentement croissant des catholiques de Paris contre leur nouvel archevêque.

….

Daignez…


Ch. Maignen

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Martial_Besse

1908 10 28: H. Delassus: Tourcoing: Foyer du sillonisme

Lille 28 octobre 1908

Le Supérieur du grand séminaire, disciple de M. Six (directeur de la revue la Démocratie Chrétienne), est nommé archidiacre de Cambrai. C’est une nullité aux tendances démocratiques manifestées fréquemment dans ses fonctions de supérieur. Celui qui le remplace à la tête du grand séminaire est le supérieur du collège de Tourcoing (foyer de sillonisme) dans la région), très bon prêtre, mais fasciné par Mgr Glorieux etc.. (sic)

Dr Lancry à la Justice Sociale.

L’abbé Bataille, nouveau doyen de Notre-Dame de Roubaix…

« Je crains bien que Rome ne fasse pas avec l’Association patriotique des femmes françaises, (annexe de la Ligue Piou) la même expérience qu’avec le Sillon. J’ai vu à Valenciennes l’une de ces dames me dire : Nous ne pouvons pas propager la Croix, pas même la Dépêche, ces journaux sont trop cléricaux. Nous devons répandre l’Echo du Nord dans les milieux ouvriers. J’ai rencontré à Lille une autre dames qui m’a parlé dans le même sens.

Or, l’Echo du Nord est l’organe de la Loge bourgeoise. Aucun journal n’ai fait plus de mal à notre bourgeoisies, excellente d’esprit sous la Restauration, que ce journal voltairien.

…

signe : H. Delassus

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