40829
Lettres de Marc Sangnier à Monseigneur Campistron, Evêque d’Annecy
Paris, le 3 décembre 1909
Monseigneur,
Dans une lettre publique adressé à M. Albert Monniot, ainsi que dans la Revue du diocèse d’Annecy, Votre Grandeur porte contre mes amis et contre moi-même les accusations les plus graves et les plus douloureuses à mon coeur de catholique, résolu avant tout, quelque sacrifice qu’il puisse lui en coûter, à demeurer fidèle à sa foi et soumis à l’autorité de l’Église.
Vous nous condamnez, Monseigneur, comme coupable de nous inspirer dans notre conduite « en fait et en pratique » d’un modernisme et d’un libéralisme condamnés par l’Église.
Nous avons toujours, dans nos écrits et dans nos discours, réprouvé non seulement toutes doctrines hérétiques, mais même toutes tendances hétérodoxes, et si, dans notre conduite, nous nous sommes jamais écarté en quoi que ce soit du respect dû à l’autorité religieuse de la hiérarchie, nous ne demandons qu’a regretter et qu’à réparer nos erreurs dès qu’on nous les aura fait connaître.
Nous vous prions donc très instamment et très respectueusement, Monseigneur, de bien vouloir nous permettre de venir à Annecy nous laver devant vous des accusations portées contre notre orthodoxie sous le poids desquelles notre conscience et notre honneur de catholique ne nous permettent pas de demeurera.
Votre Grandeur comprendra l’impérieux devoir auquel nous obéissons en lui demandant justice et elle voudra bien agréer l’assurance de notre très profond et filial respect.
Marc Sangnier
SOURCE
Apostolic Archives, 1910 Rubric 12 F.14